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Association PELOPS
Actions environnementales, partage de passions et de connaissances
 
Christiane et Makis :
 
Une action de reforestation durable et citoyenne.

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Iris Théodoridou, lors de notre première rencontre, nous avait parlé d’un couple franco-grec auteur d’une action individuelle de reforestation. Pelops est très sensible à ce type d’initiative : nous pensons que les actions individuelles sont particulièrement efficaces et durables. Elles répondent au questionnement que nous nous posons en permanence: que faire immédiatement avec nos propres moyens. Pelops à pris contact avec Christiane et Makis pour recueillir les éléments de cette aventure. En réalité en marge de cette action bucolique et sympathique, Christiane et Makis ont vécu des moments d’intense danger qu’ils ont surmonté avec un courage qu’il nous est difficile d’imaginer comme vous le lirez plus bas.

Nous rencontrons en avril 2009 le couple sur son lieu d’habitation, à Pallini. Cette partie de Pallini conserve encore son ancien et beau paysage agraire. Mais, comme tout l’Attique, le lieu est désormais colonisé par le mouvement inexorable de construction des « mézonettès » (maisonnettes) qui mitent le paysage.
La maison de Christiane et Makis est bordée de quelques beaux grands pins. Ces pins sont les derniers rescapés de la grande forêt qui se trouvait là avant le passage de trois (!) incendies successifs et dont il n’en reste plus grand chose sinon un terrain sur une colline qui fait face et sur lequel repoussent naturellement quelques jeunes arbres. Les grands pins qui bordent leur maison, malgré leur port majestueux représente une source d’inquiétude par leur proximité avec la maison et leur fort potentiel de propagation du feu.
Ces arbres portent déjà les symptômes du «cotonneux du pin» qui envahit tout l’Attique et prend le chemin, si rien n’est entrepris par les autorités, d'une vaste catastrophe écologique. En ville, les pins meurent en 3-4 ans épuisés par la succion des larves et les attaques de maladies qui s'ensuivent.. Plusieurs sources concordent sur le fait que le Ministère de l'agriculture, il y a quelques années a subventionné les apiculteurs pour répandre ce parasite et augmenter la production de miel de pin. Les abeilles utilisent ce produit cotonneux émis par ces larves (vraisemblablement d'une cochenille) pour fabriquer leur miel. Il est pour l'instant difficile d'envisager les conséquences de cet acte irréfléchi qui fait le bonheur de ce parasite: iI prolifère librement sans régulation d'un quelconque prédateur. C'est le début d'un "cauchemar de Darwin"...

De l’autre côté de la petite route d’accès de la maison de Christiane et Makis se trouve leur plantation de 600 arbres, à flanc de colline sur un terrain municipal destiné à devenir parc : jeunes pins, cyprès et caroubiers.

De l’autre côté de leur petite route d’accès se trouve à flanc de colline sur un terrain municipal destiné à devenir parc, leur plantation de 600 arbres : jeunes pins, cyprès et caroubiers. La terre est assez ingrate et caillouteuse et laisse supposer de la difficulté de l’entreprise.

Christiane et Makis nous font visiter leur plantation

Des poiriers sauvages s'y sont installés naturellement

 

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Il s'y trouvent aussi des oliviers dont un bien brûlé qui nous fait penser aux oliviers du sud de la France détruits par le gel de 1956 : tronc central coupé entouré de rejets qui deviendront branches maîtresses. Faut il le dire... ? L'olivier est quasiment immortel et résiste à pratiquement toutes les atteintes climatologiques des régions du sud et ... humaines.

L'olivier détruit, son tronc central et ses rejets

Makis et Christiane s’installent à Pallini/Drafi en 1992 peu après qu’un incendie en 1991 ait détruit les arbres du sommet de leur colline. Suite à une campagne de reforestation de la municipalité en 1993, il récupèrent 300 arbres qu’ils plantent avec l’aide de quelques voisins après avoir débarrassé le site qui servait de dépôt sauvage de gravats et ordures.
En 1995 un deuxième feu se déclare. Peu après, ils investissent dans une pompe à incendie qui tire son eau d’une grande citerne de 20 m2 qu’ils ont aménagé sous leur terrasse.

En 1998 survient un nouvel incendie de grande envergure. Avec quelques voisins, ils restent sur place pour protéger leur maison. Le front de feu se déplace vers eux et de pied ferme ils l’attendent en bas de leur jardin en arrosant continuellement. L’atmosphère devient irrespirable avec la fumée épaisse et les retombées de scories brûlantes et ils se couvrent le visage de linge humide pour pouvoir respirer. Leur beau frère présent, arrose « à l’aveugle » dans la fumée les arbres du bas, dont certains mourront ensuite par l’effet de la très forte chaleur. Mais le feu arrive aussi par le haut et ils se retrouvent encerclés par les flammes. Ils continuent à arroser les alentours de la maison en ne comptant que sur leur réserve d’eau de 20 M2 et le moteur à essence de la pompe à incendie : en effet, par « sécurité » l’électricité et l’eau sont coupés sur le réseau les laissant démunis. C’est avec courage et des efforts ininterrompus qu’ils sauveront leur maison et sans doute aussi leur vie. Autour d’eux ne subsistera plus sur la zone inlassablement arrosée que les derniers grands pins de ce site situés contre la maison. De l'autre côté de la route, évidemment, leur plantation de jeunes pins est réduit en cendres. Le récit que Makis et Christiane font avec calme est impressionnant, il est réellement difficile de s’imaginer ce qu’ils ont vécu.
En 2002, ils récupèrent 600 nouveaux arbres donnés par le SPAP de Pendeli (Syllogo Prostasias kai Anaplasys tou Pendelikou). Ils les plantent avec l'aide de quelques amis, voisins et ouvriers. Les années se succèdent avec leur lot d'arrosages, de nettoyage en prévention contre les incendies


La petite forêt

Par la force des choses, Christiane et Makis, retirent herbes sèches et branchages d'un lot voisin non entretenu par son propriétaire qui représente une menace d'incendie potentielle.
Progressivement le cercle des gens concernés par cette action s'élargit : quelques familles contribuent à l'entretien de la forêt par la taille des branches basses des arbres et du retrait du sol des matières inflammables. En 2008, une année après les incendies géants qui ont ravagé la forêt grecque, après avoir retiré des branchages morts du site, Cristiane et Makis demandent à la municipalité de débarasser le gros tas de branches de pins inflammables résultant de l'entretien de leur petite forêt. La municipalité qui avait jusque là aidé fait sourde oreille et le tas reste en place. Ce sera seulement après des procédures de menaces concrètes appuyées par les pompiers que Christiane et Makis obtiendront gain de cause.

Du premier plan vers le fond : la plantatioin de pins, le groupe d'habitations sauvées des flammes. toujours à gauche le vestige de forêt de Pallini, à droite la cononisation urbanistique des "Mésonettès" qui grignottent le paysage.

Christiane et Makis qui ont porté à bout de bras cette réalisation souhaitent désormais être secondés pour l'entretien de cette plantation, non seulement par les voisins mais aussi par la municipalité.

Cette année encore, les arbres ont été taillés (selon la méthode indiquée par Mme Iris Théodoridou) et l’environnement nettoyé avec l'aide de quelques voisins. Et la municipalité leur reserve en juin une bonne surprise : deux équipes se chargent du nettoyage et traitement des pins malades.

Suite à cet entretien, Pelops leur offre un lot d'Effective Microorganisms pour préparer environ 250 litres de traitement bio pour leurs arbres et le jardin, afin de booster le système imunitaire des végétaux et contrôler la prolifération des parasites et maladies.

L'idée de participer à la plantation de chênes à côté de leur forêt est émise... A repenser en automne2009 prochain.

 

 

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